Alassane Ouattara n’a jamais fait dans la demi-mesure. À la tête de la CEDEAO, le président ivoirien a été l’un des plus fervents opposants aux juntes militaires sahéliennes. Il a fustigé les putschs de Bamako, Ouagadougou et Niamey, réclamé une intervention armée pour rétablir Mohamed Bazoum au pouvoir au Niger, et
Come-back diplomatique : CEDEAO-AES, Ouattara à l’épreuve du grand écart sahélien
Alassane Ouattara n’a jamais fait dans la demi-mesure. À la tête de la CEDEAO, le président ivoirien a été l’un des plus fervents opposants aux juntes militaires sahéliennes. Il a fustigé les putschs de Bamako, Ouagadougou et Niamey, réclamé une intervention armée pour rétablir Mohamed Bazoum au pouvoir au Niger, et campé sur une ligne dure qui a accentué la fracture entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette fermeté assumée a accéléré la rupture avec Paris pour les régimes sahéliens, mais elle a aussi placé Abidjan au cœur du jeu régional, dans un contexte de recomposition accélérée. Et alors que la France digère mal l’idée d’un quatrième mandat pour « Ado », ce dernier pourrait pourtant être l’un des rares à pouvoir rouvrir les canaux du dialogue.
Après des mois de clash diplomatique, les lignes semblent légèrement bouger. Malgré une rhétorique de souveraineté, de rupture, les régimes de l’AES laissent poindre une timide ouverture. La CEDEAO, elle, cherche à éviter une scission irréversible. Et dans ce jeu d’équilibriste, la Côte d’Ivoire, pilier économique et diplomatique de la région, pourrait endosser le rôle de médiateur, avec Ouattara en chef d’orchestre discret mais déterminé.
Coopérer sans s’afficher
Sur le terrain, la menace djihadiste ne connaît ni frontières ni idéologie. Face à l’urgence sécuritaire, la coopération technique, renseignement, lutte antiterroriste, surveillance, pourrait reprendre sous le radar. Pragmatique, Ouattara sait que l’intérêt commun passe par une coordination minimale, même sans entente politique. Le dialogue se fera peut-être dans l’ombre, mais il est inévitable.
Autre levier pour casser la glace : l’économie. L’AES, coupée des principaux flux commerciaux, souffre de son isolement. La CEDEAO, soucieuse de préserver l’intégration régionale, pourrait rouvrir certaines routes : corridors logistiques, projets énergétiques, mobilité frontalière. Pour Ouattara, architecte de la croissance ivoirienne, c’est un terrain familier. Il pourrait pousser un dialogue d’intérêts, sans pour autant céder sur les principes démocratiques.
Mais la fracture reste béante. D’un côté, la CEDEAO, défenseure d’un ordre constitutionnel, de la limitation des mandats et d’une certaine orthodoxie démocratique. De l’autre, l’AES, qui revendique une souveraineté décomplexée, affranchie des pressions extérieures. Entre les deux, un clash idéologique qui promet de durer. Et Abidjan, fidèle à la ligne CEDEAO, pourrait bien devenir la cible privilégiée de la propagande sahélienne.
Trois scénaris sont désormais sur la table : une réintégration progressive de l’AES dans l’espace CEDEAO, une coexistence tendue avec des collaborations ciblées, ou une rupture définitive entre deux blocs. Quelle que soit l’issue, une chose est sûre : la Côte d’Ivoire restera incontournable. Et Ouattara, qu’on le veuille ou non, est encore le pivot d’un jeu régional en pleine mutation.imagée.
Toutes ces raisons pourraient pousser Allasssane vers un 4ème mandat dont le quay d'orsey ne veut entendre parler.Sur ce point, Macron reste intransigeant : pas de 4ème mandat pour Ado. Le choix de la France et de l'Europe semble être connu vu que les portes du parlement européen et du parlement américain ont été grandement ouvertes pour le Président du PDCI -RDA, Tidiane Thiam la semaine dernière. Allassane pourra-t-il défier toute la communauté internationale ? Réponse au congrès du RHDP le 25 juin prochain.
Fanan Konaté