Il aura fallu attendre un jour de plus, mais le cœur du Dipri a bel et bien battu à Sahuyé. Sous une pluie qui a retardé les festivités, le Singoua, danse guerrière ancestrale et pilier de la célébration, a finalement eu lieu ce mercredi, pour la plus grande joie des habitants et des gardiens de la tradition.
Malgré les tambours qui résonnaient, l'inquiétude planait : et si le Singoua n’avait pas lieu ?
Ce serait une entorse impardonnable à l’ordre sacré du Dipri. Car à Sahuyé, on ne conçoit pas cette fête sans sa danse phare, véritable offrande aux ancêtres, symbole de vaillance et de communion.
Mais la tradition a eu le dernier mot. Déterminés, les guerriers-danseurs ont foulé la terre, dans un élan de ferveur et d’honneur. La pluie a cédé la place aux cris, aux pas martelés, aux échos des tambours. Et la promesse a été tenue : le Dipri de Sahuyé s’est achevé comme il se doit, avec le Singoua en apothéose.
Un soulagement pour la communauté et un signal fort : ici, la culture ne plie ni sous les caprices du ciel, ni sous le poids du doute.
Gervais Djidji