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L’année 2025 avait été proclamée en grande pompe « Année de la Jeunesse » en Côte d’Ivoire. Discours solennels, envolées lyriques, engagements présidentiels : tout laissait croire que la jeunesse ivoirienne allait enfin sortir de l’ombre, qu’elle serait au cœur des politiques publiques. À mi-parcours, le constat est sans appel : beaucoup de bruit, très peu de changement.

Une génération laissée sur le bord de la route

Avec plus de 70 % de la population ivoirienne âgée de moins de 35 ans, faire de la jeunesse une priorité n’est pas un luxe, c’est une urgence nationale. Or, malgré les annonces gouvernementales, les réalités du terrain parlent d’elles-mêmes. Le chômage des jeunes reste endémique. Les « solutions » brandies – stages non rémunérés, formations de fortune, projets à financement inaccessible – n'ont profité qu’à une minorité, souvent bien connectée.

Opportunisme politique ou réelle ambition ?

Sous couvert de promouvoir l’emploi jeune, plusieurs initiatives ont surtout servi de vitrine pour des manœuvres clientélistes. Par exemple, les opérations de recrutement dans la fonction publique, bien que médiatisées, ont été émaillées d’irrégularités. Le programme « Jeunesse, Paix et Sécurité », quant à lui, a été noyé dans une communication creuse sans indicateurs de performance mesurables.

Autre promesse phare : la formation au numérique et à l’entrepreneuriat. Pourtant, dans les lycées, les centres de formation ou les universités, le matériel manque, les formateurs sont dépassés et les jeunes, désabusés. Les incubateurs sont concentrés à Abidjan, inaccessibles aux jeunes de l’intérieur du pays.

Une jeunesse utilisée, mais pas écoutée

Le paradoxe est flagrant : la jeunesse est omniprésente dans les discours, absente dans les décisions. Même les Conseils Nationaux de la Jeunesse, censés porter la voix des jeunes, sont souvent pilotés par des acteurs politiques plus préoccupés par leur carrière que par l’avenir des jeunes. Résultat : une jeunesse frustrée, courtisée pour les meetings, mais ignorée quand il s’agit de construire des politiques durables.

En somme, l’Année de la Jeunesse n’aura été qu’un slogan. Un de plus. Un miroir aux alouettes qui masque mal le désintérêt profond de certains décideurs pour la condition réelle des jeunes. Pendant ce temps, les rues grondent, les réseaux sociaux s’enflamment, et l'exode massif vers les mirages de l’Occident continue. La jeunesse ivoirienne mérite mieux que des promesses ; elle mérite des actes.

Car une nation qui trahit sa jeunesse, enterre son avenir.

Par Fanan Konaté

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Côte d’Ivoire/Année de la jeunesse: Une promesse en trompe-l’œil
Tag(s) : #SOCIETE
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